Jeudi 5 juillet
La Chaussée des Géants est la première attraction touristique d’Irlande du Nord et le seul site irlandais inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité. C’est le résultat d’une gigantesque éruption volcanique survenue il y a 60 millions d’années ayant formé près de 40.000 colonnes polygonales super étonnantes. La légende raconte que c’est le géant local, Finn MacCool, qui a construit cette « route » pour permettre à son rival écossais, Fingal, de venir le rejoindre et de se mesurer à lui. Ca donne un site de quasi-randonnée des quelques kilomètres sur le bord des falaises à profiter de la mer à nos pieds et à observer ce site géologique. Quant à lui, la principale attraction de Carrick-a-Redge est un pont de corde suspendu à une cinquantaine de mètres au dessus de la mer qui relie l’îlot du même nom à la terre ferme afin de permettre aux pêcheurs d’y installer leurs filets. Depuis les pêcheurs y vont en hélico et nous, idiots de touristes, on paye pour faire l’aller-retour, admirer la vue et profiter de ces sensations fortes. Malheureusement le jour où l’on y était le pont avait été démonté à cause de l’importance des rafales de vents. Ca serait quand même bête de rejoindre les saumons cinquante mètres plus bas sur les rochers…
Alors que l’on devait rentrer à Ballycastel pour prendre un nouveau bus pour Derry, en Ulster, on s’est littéralement fait abandonner à mi-chemin en pleine campagne par le bus qui nous y emmenait. J’ai toujours pas compris pourquoi il a fait ca mais le chauffeur devait sûrement avoir une Guinness qui l’attendait quelque part… La chance est avec nous parce que c’est un client du seul commerce de la ville (un pub !) qui nous a ramené à Ballycastel, non sans avoir bu… une Guinness. La route devait sûrement être encore moins droite que d’habitude vu sa conduite mais on est arrivé vivants!
Vendredi 6 juillet
De Derry je savais que la ville était un lieu d’affrontements réguliers entre les catholiques et les protestants. Quel meilleur accueil donc qu’une voiture brûlée à la descente du bus ? On continue un peu plus loin et l’on tombe sur The Foutain, quartier protestant fidèle à la Grande-Bretagne qui baigne en monde catholique depuis que leurs pairs ont fuit sur la rive droite de la Foyle. On ne peut pas le louper, les trottoirs sont peints en bleu, blanc, rouge (couleur de l’Union Jack) et une fresque clame l’union : « 4 countries, 1 nation ». On sent que c’est vraiment pas le moment de faire une blague sur la religion ! En remontant un peu dans la ville les fresques catholiques et protestantes se suivent à nouveau, rivalisant dans l’expression de la haine (à quelques exception près) de l’autre communauté. On trouve ici et là des plaques dédiées à la mémoire de combattants de l’IRA morts au cours de diverses opérations ou assassinés par l’armée britannique. Plus loin se trouve le Bloody Sunday Monument rappelant que le 30 janvier 1972 les militaires britanniques tirèrent sur un cortège de 20.000 personnes qui protestaient pacifiquement, faisant 13 victimes. Visite des ramparts de la ville qui rappellent là aussi l’opposition à la couronne puis une bonne surprise, le Fitzroy’s, resto branché à petit prix. Au détour d’une rue on découvre une inscription réclamant (in French please !) que la liberté, l’égalité et la fraternité deviennent ici une réalité. Plutôt frappant…
Retour à Belfast où l’on fait un peu de shopping vu le peu de monuments à voir en attendant le soir et ses pubs. On en profite pour acheter des CD de groupes locaux puis on file dans la nuit.
Samedi 7 juillet
On fait Belfast/Dublin en bus pour prendre le lendemain matin notre avion. Là encore on enchaîne les galères avec le bus qui s’arrête au milieu du trajet et l’on doit sauter dans un train pour rejoindre Dublin. Arrivés à l’aéroport, encore les galères puisque l’hôtel qui devait être juste à côté se trouve plutôt à 5 ou 6 km de là. Mais que serait un voyage sans ces galères ?? Et puis encore une fois on a pu compter sur la gentillesse des Irlandais et l’on a fini par arriver à bon port. Petit détour par le centre-ville, nouvelle visite d’O’Connell St. puis de Temple Bar. Nouvelle surprise, on croise sur les quais de la Liffey le bus de la tournée des Keane venus repérer la nouvelle salle où ils donneront leur concert dans une dizaine de jours, puis l’on retourne à l’hôtel car le lendemain c’est debout à 4h !
Dimanche 8 juillet
Comme toutes les bonnes choses ont une fin, il faut retourner en France. On se lève à 4h du mat’ et à 5h tout pile la réception nous appelle, « Hello, it’s 5 AM, your taxi is waiting for you ! ». Et moi, bien sûr, à une heure si matinale : « Uh.. What ? Mmh.. yes, thank you.. ». Quelques achats en duty free et nous voilà dans l'avion, de retour en France après une semaine exceptionnelle pleines de petites suprises, de grands plaisirs, et qui nous laissera un souvenir aussi excellent qu’inoubliable !
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